Du fait de son Histoire , la Roumanie
fut construite guerres après guerres comme tout autre état mais elle dut supporter en plus de nombreuses minorités qui sans le savoir aujourd’hui posent de sérieux problèmes de société.
A travers trois axes , nous étudierons
donc ce thème des minorités en Roumanie avec , dans un premier temps la présentation de ces minorités , puis les problèmes qu’elles causent et enfin
la situation actuelle des minorités .
I- Les minorités roumaines :
présentation
Les Roumains d'origine représentent près de 90 % des
habitants du pays. Principalement concentrés dans plusieurs îlots en Transylvanie, les Magyars d’origine hongroise constituent avec environ 1,5 millions
d'individus la plus grande minorité en Roumanie. Officiellement, les Roms représentent environ quatre cent mille personnes, soit moins de 2 % de la population. Leur nombre réel est en fait probablement supérieur à un million de personnes, ceux-ci s'étant le plus souvent déclarés roumains, hongrois ou
turcs lors des recensements ou n'ayant pas été comptabilisés lors du recensement, en l'absence de papiers d’identité. Représentés au Parlement mais souvent haïs de la population locale, ils
parlent encore fréquemment le romani et vivent dans des "villages Rom" ou sont semi-nomades. Descendants des premiers colons allemands arrivés en Transylvanie au XII° siècle et fondateurs de
villes telles que Sibiu, Sighisoara ou Brasov, les Allemands de Transylvanie ou Saxons ont massivement quitté le pays après 1989. Ils ne représentent plus que
0,5 % de la population roumaine aujourd'hui. Les Ukrainiens au Nord, les Turcs, installés près des côtes de la Mer Noire,
et les Lipovènes, descendants de Russes ayant fui les persécutions du Tsar Pierre le Grand au XVIIe siècle, constituent d'autres petites minorités, en
compagnie des Serbes, des Croates et des Juifs.
détails des minorités en Roumanie:
Roumains 89,5 % Hongrois 6,6 % Roms 2,5 % Ukrainiens 0,3 % Allemands 0,3 %
Russes 0,2 % Turcs 0,2 % autres 0,4 .
Répartition des minorités : celles - ci sont surtout
dispersées près des frontières , dans le Nord et le Centre de la Roumanie.
Cette diversité au niveau des minorités pose des problèmes au niveau des
droits accordés au groupe communautaire, la pratique de la religion ou la langue parlée par la population.
II- Les minorités roumaines :
problèmes
La diversité ethnique roumaine pose différents problèmes. Au niveau religieux
tout d’abord. En effet la survie de certains groupes religieux dépend exclusivement des subventions apportées par l’Etat . Or selon la composition du gouvernement ou de l’assemblée la valeur
diminue ou augmente : en effet un député roumain orthodoxe sera moins enclin à subventionner la
communauté musulmane et ce au profit de son groupe religieux. Il est donc difficile pour certaines minorités de préserver leur diversité
religieuse.
Détails des religions en Roumanie :
Orthodoxes orientaux 87 % Protestants 6,8 % Catholiques 5,6 % autres
(principalement Musulmans) 0,4 % sans religion 0,2 % (2002)
Cette diversité au niveau religieux s’accompagne aussi d’une
forte diversité linguistique. En effet la langue officielle de l’Etat est le roumain or certaines minorités possèdent leur propre langue comme les serbes ou les polonais. Cela pose donc un
problème au niveau des administrations. En effet elles ne peuvent pas traduire tous les documents dans chacune des langues. Par exemple les tribunaux et les instances juridiques n’utilisent en
principe que le roumain, mais certaines facilités, notamment des services gratuits de la part d’un interprète, sont prévues dans les territoires où les minorités sont concentrées. D’ailleurs au
parlement les lois sont rédigées uniquement en Roumain.
Détails des langues en
Roumanie:
Parmi les autres
minorités, les Hongrois (6,6 %) parlent une langue ouralienne (le hongrois); les Allemands (0,2 %), une langue germanique; les Ukrainiens (0,2 %), les
Russes (0,1 %), les Serbes (0,1 %), les Slovaques , les Bulgares , les Tchèques , les Croates, les Polonais (0,0 %), une langue slave; les Turcs (0,1 %) et les Tatars (0,1 %), une langue altaïque
(turcique); les Grecs et les Arméniens appartenant à un isolat indo-européen. Les Juifs parlent, pour leur part, le roumain.
Pour assurer la cohésion et l’égalité entre les différentes
minorités, l’Etat a crée le Conseil des minorités nationales. Le CMN est une entité de droit public, ayant la personnalité juridique, et est composé des organismes des minorités nationales représentées au Parlement . Il
collabore afin de garantir le droit d'exprimer, de préserver et de promouvoir l'identité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse des minorités nationales de la
Roumanie.
La situation des Roms
s’est fortement détériorée depuis la fin du communisme .
Une partie des enfants ont quitté l’école et les adultes
ont été très durement touchés par le chômage . Une partie des Roms se sont intégrés à la société roumaine, mais les autres ont pour contrainte de se livrer à la pauvreté, la délinquance juvénile
, la criminalité chez les hommes et la mendicité des femmes .
III-La situation actuelle des
minorités:
Suite à son accession au pouvoir en 1967, Ceausescu décide de mener une politique nationaliste représentée par une symbolique identitaire nationale appuyée par la mise en place d’un culte de
la personnalité important. Une politique linguistique et culturelle ultra- nationaliste est établie, visant principalement les hongrois deuxième
minorités du pays. C’est ainsi que les différents points culturels tels que les théâtres, universités et écoles de langue hongroise furent fermés au fur et à mesure, les échanges avec la Hongrie
furent totalement annihilés, et l'emploi des noms hongrois des villages roumains habités par les minorités fut même interdit en avril 1988. Les autres minorités furent tout aussi
touchées par le nationalisme de Ceauşescu qui s'opposait aux minorités et se méfiait des influences
étrangères.
Au moment du changement de régime en 1989 , conséquent à la
chute de Ceausescu, le principal parti politique d’alors, le Front du salut national, condamne la politique des minorités du précédent régime, et déclare qu’il réalisera et garantira les droits
nationaux individuels et collectifs ainsi que les droits des minorités. Cela n’empêchera pas 200 000 Hongrois de fuir la Roumanie durant les quinze dernières années suite à la réapparition des
tensions entre roumains et hongrois. Depuis son adhésion au Conseil de l’Europe, le 7 octobre 1993, la Roumanie essaie de parvenir à une véritable démocratie et a signé plusieurs traités
internationaux en 1995 dont la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1966, la Convention des Nations Unies sur l'élimination de toutes les
formes de discrimination raciale et la Convention-cadre des langues minoritaires qui montre une réelle volonté d’intégrer les minorités au moins en
apparence. De plus la constitution roumaine comporte plusieurs articles sur l’intégration des minorités comme l’article 62 permettant aux minorités le
droit d’avoir chacune au moins un siège de député, même si elles n'obtiennent pas suffisamment de
voix ou bien l'article 128 qui prévoit que « les citoyens roumains appartenant aux minorités nationales ont le droit de s'exprimer dans la langue maternelle devant les instances de
jugement. »
La situation des minorités en Roumanie n’est pas encore réglée. En effet quelques problèmes persistent mais l’état met différents moyens en œuvre pour gommer ces inégalités entre communautés.
La minorité Roms représente 10% de la
population roumaine. Difficile à cerner , cette minorité est composée d’identités très diverses , depuis les clans les plus traditionnels et aisés, en
passant par les ghettos démunis des grandes villes .
En Roumanie , l’intégration des Roms
constitue un vrai problème de société .
Bibliographie :
· Collection « J’ai quitté mon
pays » : Roumanie je ne t’oublie pas
De Anita Ganeri et Myriam De Visscher.
· http://www.centreurope.org/roumanie/guide/pratique/population-roumanie.htm
http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/Europe/roumanie.htm